
Le thème développé ci-dessous ne remplace pas une consultation auprès d'un avocat.
Porter plainte déclenche l'enquête. Se constituer partie civile fait de vous une partie au procès, avec accès au dossier et droit à réparation. Ce sont deux démarches distinctes, et la seconde n'est pas automatique : une victime qui ne s'est pas constituée partie civile n'obtiendra pas de dommages et intérêts du juge pénal.
Où et comment porter plainte
La plainte se dépose dans n'importe quel commissariat ou brigade de gendarmerie : les enquêteurs sont tenus de la recevoir, même s'ils ne sont pas territorialement compétents, à charge pour eux de la transmettre (article 15-3 du code de procédure pénale). Le dépôt donne lieu à un procès-verbal et à la remise immédiate d'un récépissé, qui mentionne les délais de prescription. Sur demande, une copie du procès-verbal vous est remise sur-le-champ : demandez-la.
Depuis la loi du 18 août 2026, certains agents de police judiciaire adjoints peuvent recevoir les plaintes. Restent réservées aux officiers et agents de police judiciaire les plaintes pour crime, pour une infraction commise contre un mineur, pour une infraction sexuelle ou pour des violences commises par un conjoint ou un ancien conjoint, ainsi que celles déposées par un mineur.
Vous pouvez aussi écrire directement au procureur de la République du tribunal judiciaire du lieu des faits ou du domicile de l'auteur, qui reçoit les plaintes et décide de la suite à leur donner (article 40). Une plainte écrite, précise et accompagnée de ses pièces, adressée en recommandé avec avis de réception, est souvent mieux instruite qu'un récit fait au guichet. Pour certaines infractions, la plainte peut être déposée en ligne, mais cette voie ne peut jamais vous être imposée (article 15-3-1).
Vos droits de victime
Les enquêteurs doivent vous informer de vos droits (article 10-2), notamment celui :
- d'obtenir réparation de votre préjudice ;
- de vous constituer partie civile, et d'être assisté d'un avocat, choisi par vous ou désigné par le bâtonnier. Ses frais sont à votre charge, sauf si vous remplissez les conditions de l'aide juridictionnelle ou si vous bénéficiez d'une assurance de protection juridique ;
- d'être aidé par une association d'aide aux victimes ;
- de saisir, selon l'infraction, la commission d'indemnisation des victimes d'infractions ;
- d'être informé des mesures de protection dont vous pouvez bénéficier, notamment l'ordonnance de protection en cas de violences conjugales ;
- d'être accompagné à tous les stades de la procédure par la personne majeure de votre choix, et de déclarer votre domicile chez un tiers qui l'accepte ;
- si un examen médical a été requis, de vous voir remettre le certificat qui constate votre état.
Le blog du cabinet réunit ses articles consacrés aux victimes, et publie la liste des numéros utiles dans le Rhône.
Les délais
Passé un certain délai, les faits ne peuvent plus être poursuivis : un an pour une contravention (article 9), six ans pour un délit (article 8), vingt ans pour un crime (article 7), à compter des faits. Les délais sont plus longs, et courent à partir de la majorité, pour certaines infractions commises sur des mineurs, notamment les violences et les infractions sexuelles.
Le récépissé de plainte rappelle que la plainte avec constitution de partie civile permet d'interrompre ce délai. Si votre plainte reste sans nouvelles et que l'échéance approche, n'attendez pas : c'est précisément la situation où cette voie s'impose. Pour connaître la date limite, utilisez le calculateur des délais pour agir.
Après la plainte : la décision du procureur
Le procureur de la République décide seul de poursuivre, de proposer une mesure alternative aux poursuites, comme la réparation du dommage ou une médiation, ou de classer sans suite. Il doit vous aviser de sa décision et, en cas de classement, en indiquer les raisons juridiques ou d'opportunité (article 40-2).
Un classement sans suite n'est pas une fin de parcours. Vous pouvez former un recours auprès du procureur général, qui peut ordonner des poursuites (article 40-3), ou prendre vous-même l'initiative, par une plainte avec constitution de partie civile ou par une citation directe.
La plainte avec constitution de partie civile
Elle est adressée au doyen des juges d'instruction et oblige, sauf exception, à l'ouverture d'une information judiciaire : un juge d'instruction enquête alors sur les faits (article 85). Pour un délit, elle n'est recevable que si vous avez d'abord porté plainte et que :
- le procureur vous a fait savoir qu'il ne poursuivrait pas ;
- ou trois mois se sont écoulés depuis votre plainte au procureur, déposée contre récépissé ou envoyée en recommandé, ou depuis que vous lui avez adressé, de la même façon, une copie de la plainte déposée au commissariat ou à la gendarmerie.
Cette condition n'est pas exigée pour un crime. Le juge d'instruction fixe ensuite une consignation, somme à déposer au greffe en fonction de vos ressources, sauf si vous avez obtenu l'aide juridictionnelle, et il peut vous en dispenser (article 88). Faute de la verser dans le délai, la plainte est irrecevable.
Partie civile, vous avez accès au dossier par votre avocat, vous pouvez demander des actes d'enquête et vous êtes informé du déroulement de l'instruction.
La citation directe
Lorsque les faits sont simples et que leur auteur est connu, vous pouvez le faire citer directement devant le tribunal correctionnel ou le tribunal de police, par un commissaire de justice, sans passer par une enquête. Le tribunal fixe une consignation en fonction de vos ressources, sauf aide juridictionnelle. La voie est rapide, mais elle suppose d'apporter vous-même toutes les preuves : si le prévenu est relaxé et que la citation est jugée abusive ou dilatoire, vous encourez une amende civile pouvant atteindre 15 000 € (article 392-1). C'est une voie à décider avec un avocat, pas à tenter seul.
Se constituer partie civile quand l'affaire est jugée
Lorsque le procureur poursuit, vous êtes en principe avisé de la date d'audience. Vous pouvez alors vous constituer partie civile :
- à l'audience même, sans que l'avocat soit obligatoire (article 418) ;
- ou par écrit, en recommandé avec avis de réception ou par voie électronique, reçu par le tribunal au moins vingt-quatre heures avant l'audience, avec les justificatifs de votre préjudice. Vous n'êtes alors pas tenu de venir (article 420-1) ;
- ou, avec l'accord du procureur, dès l'enquête, en formulant votre demande devant l'enquêteur, qui la consigne dans un procès-verbal.
Vous demandez alors des dommages et intérêts pour chacun de vos préjudices, ainsi qu'une somme au titre de vos frais d'avocat, que le tribunal met à la charge de l'auteur (article 475-1). Un préjudice mal chiffré ou mal justifié est un préjudice sous-indemnisé : c'est là que l'avocat fait la différence. Si la victime est un mineur, voir la page droit des mineurs.
Être effectivement indemnisé
Obtenir une condamnation ne suffit pas toujours à être payé. Si le condamné ne règle pas les dommages et intérêts dans les deux mois, le SARVI peut vous verser une avance et recouvrer à votre place. Pour les atteintes les plus graves à la personne et, sous conditions, pour d'autres dommages lorsque l'auteur est inconnu ou insolvable, la CIVI peut vous indemniser directement.
L'aide juridictionnelle
Les victimes des crimes les plus graves contre la personne (meurtre, viol, actes de torture ou de barbarie, certaines violences criminelles) et leurs ayants droit bénéficient de l'aide juridictionnelle sans condition de ressources pour obtenir réparation (article 9-2 de la loi du 10 juillet 1991). Dans les autres cas, les conditions habituelles de ressources s'appliquent : voir la page aide juridictionnelle, et vérifiez votre contrat d'assurance, qui comporte souvent une protection juridique.
Réunir les preuves
Le dossier se construit dès les premiers jours, avant que les traces ne disparaissent :
- un certificat médical, établi rapidement, qui décrit les blessures et fixe l'incapacité totale de travail ;
- les photos, messages, courriels et captures d'écran, datés ; un échange sur un compte privé peut servir de preuve, comme l'explique le blog à propos d'un extrait de compte Facebook ;
- les noms et coordonnées des témoins ;
- les factures, devis, arrêts de travail et justificatifs de pertes de revenus, qui serviront à chiffrer le préjudice.
Ce que fait le cabinet
Maître Laurent Cretin rédige la plainte adressée au procureur, forme la plainte avec constitution de partie civile ou la citation directe lorsque l'affaire le justifie, vous assiste pendant l'enquête et à l'audience, et chiffre votre préjudice poste par poste. Il intervient devant les juridictions pénales du ressort de Lyon. Le cabinet défend aussi des personnes mises en cause, jamais les deux dans la même affaire. Pour le premier rendez-vous, vous pouvez préparer votre rendez-vous en ligne.
Besoin d'un avocat pour porter plainte ou vous constituer partie civile à Lyon ?
Maître Laurent Cretin vous conseille et vous assiste tout au long de la procédure. Première consultation offerte si le dossier est confié au cabinet.